Ardamez ar Roue

Publié le par T.S.A.

Ar c'hantik-mañ (e latin: Vexilla Regis) a vez pedet pergen da geñver Sulioù ar Basion (hiziv eta) hag ar Bleunioù, da Wener ar Groaz hag evit Gouel ar Groaz Savet *
Kanet e vez da geñver Gousperoù Sul ar Pasion, a c'hoarvezh hiziv eta
Kanet e vez da geñver Gousperoù Sul ar Pasion, a c'hoarvezh hiziv eta

Kanet e vez da geñver Gousperoù Sul ar Pasion, a c'hoarvezh hiziv eta

E Latin hag e galleg:

1) Vexilla Regis prodeunt, fulget Crucis mysterium,

Les étendards du Roi s’avancent, et la lumière de la Croix resplendit de son mystère,

Quo carne carnis conditor suspensus est patibulo (qua vita mortem pertulit, et morte vitam protulit).

Celui où le Créateur de toute chair est par Sa propre Chair cloué sur la Croix (où la vie a subi la mort, produisant, par la mort, la vie).

2) Quo (Quae) vulneratus (vulnerata) insuper (lanceae), mucrone diro, lanceae (criminum)

De Son Coeur transpercé par la pointe cruelle de la lance, Il laisse

Ut nos lavaret crimine (sordibus) manavit unda et sanguine.

Ruisseler l’eau et le sang afin de nous laver de notre crime.

3) Impleta sunt quae concinit David fideli carmine

Voici qu’est accompli ce que chantait David dans son psaume plein de foi,

Dicens in (Dicendo) nationibus regnavit a ligno Deus.

Proclamant : « Sur les nations, c’est par le bois que règne Dieu. »

4) Arbor decora et fulgida ornata Regis purpura,

Arbre splendide de lumière orné de la pourpre royale,

Electa digno stipite tam sancta membra tangere.

Tronc choisi qui fut jugé digne de toucher des membres si saints.

5) Beata, cuius brachiis saeculi pependit pretium :

Arbre bienheureux dont les branches supportent pendu le salut de ce siècle :

Statera facta corporis praedamque tulit (tulique preadam) tartari.

En échange de ce Corps, l’Enfer a été dépouillé.

Pour les deux dernières strophes, les fidèles se mettent à genoux

6) O Crux ave, spes unica hoc Passionis tempore ! (14 septembre = in hac triumphi gloria !)

Salut ô Croix, unique espérance dans les temps de ta Passion (14 septembre = dans la gloire de ton triomphe !)

Auge piis justitiam (Piis adauge gratiam) reisque dona veniam (dele crimina).

Offre la grâce aux hommes pieux, et le pardon aux pécheurs (et lave les péchés des coupables).

7) Te summa Deus Trinitas (Te, fons salutis Trinitas) collaudet omnis spiritus :

C’est Toi, Trinité Suprême, source de notre salut, que loue tout esprit :

Quos per Crucis mysterium salvas, rege per saecula. Amen. (Quibus Crucis victoriam largiris adde praemium)

Par le mystère de la Croix tu nous sauves et tu nous guéris pour toujours. Amen. (Par la Croix vous nous fîtes vaincre, donnez-nous aussi la couronne)

Strophes supprimées ou modifiées pour la liturgie (au 10ème siècle + par les réformes d'Urbain VIII) :

2) Confixa clavis viscera tendens manus, vestigia, redemptionis gratia hic immolata est hostia.

7) Fundis aroma cortice, vincis sapore nectare, iucunda fructu fertili plaudis triumpho nobili.

8) Salve, ara, salve, victima, de passionis gloria, qua vita mortem pertulit et morte vitam reddidit.

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L'hymne du Vexilla Regis a été écrite par Mgr Saint Venance Fortunat (530-609). Avec le Salve Festa Dies, elle est encore considérée comme l’une des plus grandes et des plus belles hymnes liturgiques de l’Eglise Latine. A 25 ans, la Reine Sainte Radegonde s’était retirée dans un couvent qu’elle avait bâti près de Poitiers ; elle cherchait quelques reliques pour sa chapelle quand l’empereur Justin II et l’impératrice Sophie lui envoyèrent un morceau de la vraie Croix sur laquelle s'est opérée la Rédemption du monde. Pour célébrer l’arrivée de la sainte relique, la Reine demanda à Mgr Fortunat de créer une hymne pour la procession d’accompagnement jusqu’à la chapelle. Lorsque les porteurs du Saint Fragment se trouvèrent à 3 kilomètres de la ville, Venance, entouré d'une grande foule de fidèles, dont certains portaient bannières, croix et autres emblèmes sacrés, s'avança à Sa rencontre. Tout en marchant, ils chantèrent cette hymne composée spécialement à cette occasion (hymne chantée pour la première fois le 19 novembre 569 !). Aujourd'hui, l'Eglise chante traditionnellement cette hymne le Vendredi Saint, le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, et pour la Fête de la Croix Glorieuse (Exaltation de la Sainte Croix au 14 septembre).

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